La lutte contre les violences faites aux femmes

Mis à jour le 02 mars 2021

La ville agit pour combattre les violences faites aux femmes, aux côtés d'associations spécialisées.

Avec la lutte contre les inégalités sociales et économiques, le combat contre les violences faites femmes est l’autre pilier pour faire avancer l’égalité femmes-hommes et la construction d’une société qui ne soit plus discriminatoire envers la moitié des personnes qui la constitue.

Les chiffres 2019*

  • 146 féminicides, contre 121 en 2018
  • 25 enfants tués dans un cadre familial
  • Chaque année, en moyenne, 553 000 femmes sont victimes d’agressions sexuelles et 220 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du couple
  • Plus de 93 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol
  • En Île-de-France, plus d’une femme sur 10 déclare avoir été victime de violences conjugales au cours des 12 derniers mois
  • 1 femme sur 3 déclare avoir subi au moins un fait de harcèlement sexiste ou sexuel dans sa vie
  • Les pratiques de mutilations génitales féminines (excisions) existent encore en France et font 60 000 victimes par an.
  • Les femmes porteuses de handicaps sont plus exposées aux violences : elles ont quatre fois plus de risques de subir des violences que les femmes dites valides.

* Sources : Centre Hubertine-Auclert ; Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes ; Commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes, Préfecture des Hauts-de-Seine.

Les confinements et la crise sanitaire ont exacerbé et révélé l’ampleur des violences faites aux femmes et aux enfants. Les forces de police ont vu leurs interventions au domicile pour faits de violences augmenter de 40% lors du premier confinement et de 60% lors du second. De plus, les appels au 119 (numéro de protection de l’enfance), ont bondi de 80% durant le premier confinement au printemps 2020.

Les appels reçus au 3919 (numéro national d’urgence dédié aux violences faites aux femmes) ont quant à eux presque quadruplé pendant la période de mars à juin 2020, passant de 23 000 à 80 000 appels.

Violences faites aux femmes : de quoi parle-t-on ?

Les violences faites aux femmes prennent des formes très différentes. Elles peuvent être :

  • psychologiques : contrôle vestimentaire, harcèlement, comportements humiliants, isolement
  • verbales : insultes, menaces
  • physiques : coups et blessures
  • sexuelles : viols, agressions sexuelles
  • économiques : contrôle des dépenses, privation du salaire et des biens
  • administratives : confiscation des papiers d’identité et de la carte de séjour, contrôle de l’accès à la boîte aux lettres

Ces violences représentent une atteinte à la dignité et l’intégrité des femmes, ainsi qu'à leurs droits les plus élémentaires.

Pourquoi la loi du silence ?

Il est à noter également que seul 20% des femmes victimes de violences se rendent au commissariat porter plainte. Le risque de représailles et le faible taux de poursuite des auteurs de violences (80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite) peuvent s’avérer décourageants pour de nombreuses victimes. Cela contribue à renforcer la loi du silence qui est omniprésente. De plus, les violences ne s’arrêtent pas avec un dépôt de plainte car quitter son domicile est un moment à haut risque : c’est au moment de la séparation que se produisent le plus grand nombre de féminicides.

Une ville engagée

Ces dernières années ont vu éclore #Metoo, un important mouvement de libération de la parole des femmes victimes de violences. Ce mouvement a permis à de nombreuses femmes de dénoncer leurs agresseurs. Grâce à cette mobilisation, l’ensemble de la société a pu prendre conscience de l’ampleur du phénomène des violences sexistes et sexuelles, et le placer au cœur de l'actualité et des débats.

La ville de Nanterre souhaite apporter toute son énergie, toute sa créativité, toute sa solidarité à ce vaste mouvement. Il s'agit de contribuer à tourner une page qui étouffe les femmes depuis plusieurs siècles, d'inventer une société nouvelle où les femmes n’ont pas peur de se promener, de construire, d'aimer. Comme toujours, nos banlieues, leurs habitant.e.s notamment issu.e.s des quartiers populaires marchent les premier·e·s pour rétablir l'égalité dans tous les domaines de la vie.

La journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

À l’occasion de cette journée qui a lieu chaque année le 25 novembre, la ville "se mobilise" pour proposer aux habitants des initiatives gratuites sur le thème de la violence faite aux femmes.

Que dit la loi ?

Les violences faites aux femmes sont des infractions punies par la loi.

Les violences conjugales constituent un délit (article 222-13 du code pénal) et sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Elles concernent couples mariés, mais aussi aussi les violences commises par les ex-conjoints, ex-concubins ou partenaires de Pacs. La loi protège également les femmes étrangères victimes de violences conjugales. Elle permet la délivrance du premier titre de séjour ou son renouvellement pour les conjointes de ressortissants français ou d’étrangers en situation régulière entrées au titre du regroupement familial.
Le viol est un crime, puni de 15 ans de réclusion criminelle (article 222-23 du code pénal). Le viol concerne toute relation obtenue par la force, même en couple. Si le viol est commis par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un Pacs ou ex-conjoint, ex-concubin ou ex-pacsé, l’auteur encourt jusqu’à 20 ans de prison.
Le harcèlement moral est un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Les auteurs de harcèlement sexuel encourent 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article 222-33 du code pénal).
La violence sur internet est aussi une infraction. Le harcèlement « numérique », à savoir l’envoi réitéré de messages électroniques malveillants ou de messages sur les réseaux sociaux constitue depuis 2014 un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000€ d’amende. La diffusion d’images de viol, d’agression sexuelle ou de harcèlement sexuel est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende (article 222-33-3 du code pénal). La diffusion, sans le consentement de l’un des protagonistes, d’une image d’une personne se trouvant dans un lieu privé est également constitutif d’un délit et puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Le Violentomètre

La ville, en partenariat avec le centre Hubertine-Auclert, met à votre disposition un outil de prévention et de sensibilisation : le violentomètre.
C’est un outil simple et utile pour "mesurer" si votre relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violences. Présenté sous forme de règle, le violentomètre rappelle ainsi ce qui relève ou non des violences à travers une gradation colorée : 3 segments pour évaluer si votre relation amoureuse est saine : "Profite", "Vigilance, dis stop !" et "Protège-toi, demande de l'aide".