La lutte contre les violences faites aux femmes

Mis à jour le 02 décembre 2020

La ville agit pour combattre les violences faites aux femmes, aux côtés d'associations spécialisées.

Violences faites aux femmes : de quoi parle-t-on ?

Les violences faites aux femmes prennent des formes très différentes. Elles peuvent être :

  • psychologiques : contrôle vestimentaire, harcèlement, comportements humiliants, isolement
  • verbales : insultes, menaces
  • physiques : coups et blessures
  • sexuelles : viols, agressions sexuelles
  • économiques : contrôle des dépenses, privation du salaire et des biens
  • administratives : confiscation des papiers d’identité et de la carte de séjour, contrôle de l’accès à la boîte aux lettres

Ces violences représentent une atteinte à la dignité et l’intégrité des femmes, ainsi qu'à leurs droits les plus élémentaires.

Les chiffres 2019*

  • 146 féminicides, contre 121 en 2018
  • 25 enfants tués dans un cadre familial
  • Chaque année, en moyenne, 553 000 femmes sont victimes d’agressions sexuelles et 220 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du couple
  • Plus de 93 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol
  • En Île-de-France, plus d’une femme sur 10 déclare avoir été victime de violences conjugales au cours des 12 derniers mois
  • 1 femme sur 3 déclare avoir subi au moins un fait de harcèlement sexiste ou sexuel dans sa vie

* Sources : Centre Hubertine-Auclert ; Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes ; Commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes, Préfecture des Hauts-de-Seine.

Et dans les Hauts-de-Seine ?

  • 2 femmes ont été tuées par leur conjoint
  • 5 tentatives d'homicides
  • Augmentation de 13,5 % par rapport à l'année précédente du nombre de faits de violences conjugales ayant fait l'objet d'une procédure judiciaire
  • Très forte augmentation des cas de harcèlement sexuel sur mineurs, liée à l'utilisation des réseaux sociaux comme vecteurs de diffusion

La violence en période de confinement

  • La période de confinement des premiers mois de l’année 2020 a amplifié les violences intrafamiliales : +33% de signalements pour violences conjugales
  • + 89% d’appels reçus par le 119, service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger

Un phénomène social massif

Ces chiffres démontrent que les violences sexuelles et sexistes subies par les femmes ne correspondent pas à des faits isolés. Tous les champs de la société sont concernés : sport, cinéma, politique, littérature, musique, journalisme.
Pourtant, ces violences sont encore trop souvent invisibles : seulement 14% des femmes victimes de violences conjugales et 10% des victimes de viol déclarent avoir déposé plainte.

Une ville engagée

Ces dernières années ont vu éclore #Metoo, un important mouvement de libération de la parole des femmes victimes de violences. Ce mouvement a permis à de nombreuses femmes de dénoncer leurs agresseurs. Grâce à cette mobilisation, l’ensemble de la société a pu prendre conscience de l’ampleur du phénomène des violences sexistes et sexuelles, et le placer au cœur de l'actualité et des débats.

La ville de Nanterre souhaite apporter toute son énergie, toute sa créativité, toute sa solidarité à ce vaste mouvement. Il s'agit de contribuer à tourner une page qui étouffe les femmes depuis plusieurs siècles, d'inventer une société nouvelle où les femmes n’ont pas peur de se promener, de construire, d'aimer. Comme toujours, nos banlieues, leurs habitant.e.s notamment issu.e.s des quartiers populaires marchent les premier·e·s pour rétablir l'égalité dans tous les domaines de la vie.

La journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

À l’occasion de cette journée qui a lieu chaque année le 25 novembre, la ville "se mobilise" pour proposer aux habitants des initiatives gratuites sur le thème de la violence faite aux femmes.

Que dit la loi ?

Les violences faites aux femmes sont des infractions punies par la loi.

Les violences conjugales constituent un délit (article 222-13 du code pénal) et sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Elles concernent couples mariés, mais aussi aussi les violences commises par les ex-conjoints, ex-concubins ou partenaires de Pacs. La loi protège également les femmes étrangères victimes de violences conjugales. Elle permet la délivrance du premier titre de séjour ou son renouvellement pour les conjointes de ressortissants français ou d’étrangers en situation régulière entrées au titre du regroupement familial.
Le viol est un crime, puni de 15 ans de réclusion criminelle (article 222-23 du code pénal). Le viol concerne toute relation obtenue par la force, même en couple. Si le viol est commis par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un Pacs ou ex-conjoint, ex-concubin ou ex-pacsé, l’auteur encourt jusqu’à 20 ans de prison.
Le harcèlement moral est un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Les auteurs de harcèlement sexuel encourent 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article 222-33 du code pénal).
La violence sur internet est aussi une infraction. Le harcèlement « numérique », à savoir l’envoi réitéré de messages électroniques malveillants ou de messages sur les réseaux sociaux constitue depuis 2014 un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000€ d’amende. La diffusion d’images de viol, d’agression sexuelle ou de harcèlement sexuel est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende (article 222-33-3 du code pénal). La diffusion, sans le consentement de l’un des protagonistes, d’une image d’une personne se trouvant dans un lieu privé est également constitutif d’un délit et puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Victimes de violences, témoins, qui pouvez-vous contacter ?

Des dispositifs existent pour aider les victimes de violences conjugales et intrafamiliales, au niveau national comme au niveau local. A Nanterre, plusieurs associations spécialisées peuvent vous recevoir et vous accompagner.
Vous pouvez obtenir de l'aide quand :

  • vous subissez des violences conjugales, des menaces ou une forte pression psychologique ;
  • vos enfants sont victimes ou témoins de violences ou de pédocriminalité ;
  • vous avez connaissance d’une situation dans votre entourage ou votre voisinage.

En cas d'urgence :

Le commissariat de Police de Nanterre :

  • Sur place au 54 rue du 19 Mars 1962
  • Par téléphone au 01 55 69 46 50
  • Ou en composant le 17 ou le 112 (Police Secours) par téléphone
  • Ou en envoyant un SMS au 114 pour contacter Police Secours

Le 115 si vous devez fuir votre domicile en urgence : pour une demande de mise à l’abri.

avoir une information, une écoute, une orientation, un accompagnement juridique

  • Femmes victimes de violences 92 : 01 47 91 48 44
    • Du lundi au vendredi de 9h 30 à 17h 30
  • Violences Femmes Info : 39 19
    • Du lundi au vendredi de 9h à 22h et les samedis, dimanches et jours fériés de 9h à 18h – gratuit depuis tous les téléphones
  • CIDFF 92 Nord : 01 71 06 35 50
    • Du lundi au vendredi de 9h à 12h 30 et de 14h à 17h
  • ADAVIP 92 (Association d’Aide aux Victimes d’Infractions Pénales des Hauts-de-Seine) : 06 95 57 45 50 (Mme Salia David)
  • Viols Femmes Informations : 0800 05 95 95
    • Du lundi au vendredi de 10h à 19h, gratuit depuis tous les postes fixes
  • Enfance en danger : 119
    • 7j/7, 24h/24 – gratuit depuis tous les téléphones
  • France victimes (victimes d'infractions pénales et leurs proches) : 116 006
    • 7j/7, de 9h à 19h – gratuit depuis tous les téléphones
  • Écoute Violences Femmes Handicapées : 01 40 47 06 06
    • Le lundi de 10h à 13h et de 14h 30 à 17h 30 et le jeudi de 10h à 13h

POUR UNE COMMUNICATION « SILENCIEUSE » :

  • tchat en direct avec les services de police : Violences sexuelles et sexistes
  • signaler des violences sexuelles ou sexistes : plateforme nationale arretonslesviolences.gouv.fr
  • envoyer un texto pour obtenir rapidement un rendez-vous avec une assistante sociale spécialisée : Mme Salia David, ADAVIP 92, 06 95 57 45 50
  • poser une question, obtenir un conseil ou une orientation : tchat anonyme, sécurisé et gratuit : Comment on s'aime
  • déclencher discrètement une alarme en cas d'agression et démarrer un enregistrement avec l'application "App-elles", à télécharger sur son smartphone. L'application permet aussi d'alerter ses contacts et de joindre le 112, d’appeler les associations d’aide aux victimes et de se renseigner sur les dispositifs d’aide existants.

Consulter les permanences

Bon à savoir !

  • La victime peut porter plainte 24h/24, 7j/7, à la police ou à la gendarmerie de son choix. Les services de police et de gendarmerie sont tenus de recevoir les plaintes. Tout dépôt de plainte fait l’objet d’un procès-verbal et donne lieu à la délivrance immédiate d’un récépissé à la victime.
  • Une victime de violences conjugales peut également quitter le domicile conjugal. Si elle part avec ses enfants, il est préférable que la victime dépose une main courante au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie pour empêcher que ce départ lui soit reproché.
  • Pour préparer le départ, il est recommandé de mettre les papiers officiels et importants (carte d’identité, livret de famille, carte vitale, certificats médicaux, diplômes et bulletins de salaires, etc.) en lieu sûr, de rassembler les éléments de preuve (certificats médicaux, témoignages de parents, ami.e.s, photos, récépissé de dépôt de plainte, etc.), et d’identifier les personnes et lieux où trouver de l’aide.
  • Si la victime ou ses enfants sont en danger, elle peut saisir le Juge aux Affaires Familiales qui peut délivrer en urgence une ordonnance de protection. Une femme menacée de mariage forcé peut également bénéficier de cette ordonnance de protection.

Le Violentomètre

La ville, en partenariat avec le centre Hubertine-Auclert, met à votre disposition un outil de prévention et de sensibilisation : le violentomètre.
C’est un outil simple et utile pour "mesurer" si votre relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violences. Présenté sous forme de règle, le violentomètre rappelle ainsi ce qui relève ou non des violences à travers une gradation colorée : 3 segments pour évaluer si votre relation amoureuse est saine : "Profite", "Vigilance, dis stop !" et "Protège-toi, demande de l'aide".