« Ce scenario est inacceptable, c’est une trahison de l’ARS », dénonce Patrick Jarry, maire de Nanterre. Les urgences de nuit, la réanimation et la chirurgie avec hospitalisation sont sur la sellette à Nanterre. L’ARS prévoit de les transférer à Colombes. Max-Fouestier conserverait la gériatrie et les soins de suite, l’odontologie et la chirurgie ambulatoire. L’équipe municipale se sent trahie par l’ARS : « Aucun des engagements pris par Claude Evin devant le conseil municipal du 17 juin dernier n’est rempli », déclare le maire devant une assemblée attentive. L’ARS dénonce le déficit cumulé des deux établissements (26 millions d’euros dont 16 pour Nanterre en 2011), et souhaite « développer l’offre de soins par un rapprochement des deux hôpitaux ».
Sauver la chirurgie
A terme, ces décisions inquiètent car elles conduiraient à la fermeture du Cash. « Sans réanimation ni urgences, les services de cardiologie et de pneumologie annoncent déjà leur départ », commente Jacqueline Fraysse, députée et cardiologue elle-même. De leur côté, les médecins ont fait des propositions lors du dernier conseil d’administration le 16 novembre. Martine Gaillard, anesthésiste et présidente de la commission médicale de l’établissement, défend le projet des médecins : « 5000 actes chirurgicaux sont pratiqués chaque année à Nanterre contre 1000 à Louis-Mourier : nos équipes sont pluridisciplinaires, nous avons un bloc adapté, le savoir-faire… Eclater la chirurgie, c’est démanteler l’hôpital ».
Unique en France
Tous s’accordent sur un vrai problème : la gouvernance. L’hôpital de Nanterre est dirigé par la Préfecture de police et le ministère de la santé, les terrains appartiennent à la ville de Paris, et Louis-Mourier dépend de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris. Des cultures différentes et des modes de fonctionnement propres. Marie Pezé, psychanalyste et présidente du comité de défense et de modernisation du Cash défend l’établissement qui est unique en France : « Ce n’est pas un hôpital comme les autres : on ne peut pas produire du soin, nous ne sommes pas dans une entreprise ». Jacques Hassin, président de la commission sociale et médecin au Chapsa, a appuyé cet argument, ajoutant : « la fuite des activités hospitalières empêchera de travailler tout le secteur social et médico-social ». L’intersyndicale était présente. Banderoles déployées, au slogan « Notre hôpital c’est vital ! », ils ont exprimé leur inquiétude de cette conception du service public de la santé. Tous ont réclamé à l’ARS de présenter les conclusions des groupes de travail, des audits chiffrés et précis des activités transférées et des résultats attendus.