Michel-Eugène Chevreul
C’est sur l’emplacement de ce que l’on désignait jadis sous le nom de « chambre aux charretiers », que se trouve aujourd’hui l’espace Chevreul. Il s’agissait alors d’un lieu-dit, situé entre les anciennes carrières souterraines de pierre à bâtir des Champs-Pierreux et la Carrière au loup, dont le nom devait son origine aux écuries aménagées dans les vastes cavités environnantes. Celles-ci servaient à abriter les chevaux de trait, employés au transport des pierres. Jusqu’au début du XXe siècle, ce territoire, qui s’étendait jusqu’à l’avenue Georges-Clémenceau, était habité par quelques communautés de chiffonniers, qui édifièrent leurs demeures de planches et de toiles goudronnées. A partir des années 30, le paysage de la rue et du quartier se modifia progressivement : des usines vinrent s’y installer, des ouvriers décidèrent d’y construire leurs modestes pavillons le long des chemins d’exploitation et des petits commerces choisirent de s’y implanter…
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’urbanisation du quartier s’accéléra : ouverture, en 1950, d’un dispensaire, rue Chevreul, création du groupe HLM de la rue Greuze, qui reçut ses premiers habitants, en 1958, installation provisoire du Théâtre des Amandiers dans la même rue, en 1969 – en attendant son installation définitive en 1976 -, inauguration du palais des sports, en 1967… La « zone » des chiffonniers et des ferrailleurs fit alors place au parc départemental et aux architectures nouvelles…
Le saviez-vous ?Michel-Eugène Chevreul est né le 31 août 1786, à Angers. Ce savant chimiste de l’époque est considéré aujourd’hui comme l’un des pères fondateurs de la chimie moderne. On lui doit notamment des recherches sur les graisses, qui firent l’objet de nombreuses applications industrielles, et l’invention des bougies stéariques, qui devaient remplacer aussi bien les bougies à la cire, trop coûteuses, que celles en suif, malodorantes. En 1833, trente stéarineries virent le jour en France ; dont une, implantée à Nanterre. Chevreul diversifia, par la suite, ses investigations sur les matières colorantes, les teintures et les effets optiques, dont s’inspirèrent les peintres pointillistes… Véritable érudit, passionné tout autant par l’histoire des sciences, l’alchimie, la photographie que l’agriculture ou encore les sciences occultes, Michel Eugène Chevreul s’est éteint le 9 avril 1889, à l’âge de 103 ans.
Sources : Oh ! Quelle histoire. Bulletin n°19. Volume 3. Décembre 1997. Société d’Histoire de Nanterre.