Les mystères du Moulin des Gibets

Bien qu’aucun document ne permette de l’établir avec exactitude, il semblerait que le Moulin des Gibet ait été construit au XVe siècle. On sait de sources sûres, en revanche, que la technique des moulins à vent fut amenée en France par les croisés, et qu’elle se répandit plus précisément en Ile-de-France au cours des XIIIe et XIVe siècles. Si d’autres moulins à vent fonctionnaient sur le territoire de Nanterre : le moulin à Bulet, le moulin Noir, le moulin d’Hérode, le moulin du Quignon, ces derniers ont tous disparu aujourd’hui, à l’exception du Moulin des Gibets, lequel a pu être parfaitement conservé.
Au Moyen-Age, si les moulins appartenaient aux seigneurs, comme d’ailleurs les fours et les pressoirs, il en était de même, pour les gibets. Ces derniers étaient spécifiquement placés en hauteur afin qu’ils soient aisément visibles par la population : un emplacement stratégique qui visait à démontrer et à asseoir l’autorité seigneuriale.
Au cours du XVIIIe siècle, alors que les gibets furent supprimés, le Moulin des Gibets devint la propriété de la famille Figueur de 1774 à 1785. Il fut ensuite acheté par la famille Guidard, en 1785 qui le garda jusqu’en 1840.
Après la fin de la guerre entre la France et la Prusse qui éclata en 1870, de riches industriels, les frères Chauveau, firent l’acquisition du Moulin des Gibets et de la grande bâtisse qui se dressait à côté, connu sous le nom de « Château ». Ils décorèrent le parc qui l’entoure de sculptures provenant des démolitions d’Haussmann à Paris. On peut encore en voir quelques unes aujourd’hui.
Ce fut ensuite la commune qui se rendit acquéreur de la propriété du Moulin et y fit construire un centre aéré maternel. Le château fut démoli ; des locaux conçus pour le repos des jeunes enfants et les loisirs le remplacèrent.
Il fallut attendre l’année 1970 pour que la municipalité confie les travaux de restauration du Moulin à un artisan charpentier du Lot, M.Lacombe. Le Moulin des Gibets retrouva alors des murs solides, une charpente tournante, des ailes de 24 mètres d’envergure et une toiture en bois de châtaignier…
Sources : Oh ! Quelle histoire. Bulletin n°19. Volume 3. Décembre 1997. Société d’Histoire de Nanterre.