« L’enfant du siècle »
« … mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »
Alfred de Musset
On ne badine pas avec l'amour (1834)
Introduit à dix-huit ans dans le cénacle romantique, Alfred de Musset étonna par sa précocité et le charme de ses premiers poèmes. Ses Contes d'Espagne et d'Italie (1829), écrits en vers légers et fantaisistes, témoignent déjà de ses dons d'évocation aussi bien des paysages que des passions du cœur. C'est au théâtre qu'il donne dès lors le meilleur de son talent, malgré le peu de succès de ses premiers essais dramatiques. Un spectacle dans un fauteuil (1832) et surtout Comédies et Proverbes (1840) révèlent son originalité et la finesse psychologique de ses compositions. Les Caprices de Marianne (1833) en font l'héritier de Marivaux, alors que Lorenzaccio (1834) fait songer au drame shakespearien. Sa liaison malheureuse avec George Sand le pousse à écrire une comédie à la fois mélancolique et gracieuse, On ne badine pas avec l'amour. Un ton plus grave, un lyrisme plus douloureux, se font entendre dans les Nuits, écrites entre 1835 et 1837 et parues dans la troisième partie des Poésies nouvelles, tout comme dans La Confession d'un enfant du siècle (1836), autobiographie au sein de laquelle il analyse son âme tourmentée. On y retrouve ce sentiment de trahison que ressentait la génération de 1830 : une génération qui vivait ses espoirs anéantis par l'échec du soulèvement de Juillet et son avenir confisqué par les notables de la monarchie Louis-philipparde. Malade et épuisé précocement, Musset poursuivra sa carrière d'auteur dramatique avec de nouvelles pièces, telles que : « Il ne faut jurer de rien » (1836), « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » (1845), « On ne saurait penser à tort » (1849)… En 1838, il est nommé conservateur d'une bibliothèque ministérielle, ce qui lui permet de mener une vie tout à fait décente mais il perd son emploi, en 1848. Progressivement, le désenchantement s'empare de cet « enfant du siècle », avant que la maladie ne finisse par le contraindre au silence.
Alfred de Musset fut élu à l'Académie française en 1852. Il mourut à Paris le 2 mai 1857.
Sites à visiter :
http://poesie.webnet.fr/auteurs/musset.html
Une bibliographie complète d’Alfred de Musset ainsi qu’un accès direct aux textes.
http://www.academie-francaise.fr/
Le site officiel de l’Académie Française. Des documents inédits qui vous permettront d’aller plus loin dans vos recherches concernant Alfred de Musset, lequel fut membre de cette haute institution, dès 1852.