Lors de la séance du 24 juin 2008, le conseil municipal avait émis un avis défavorable à la création de cette ZAD. Il avait précisé que l’ensemble de ce secteur était inscrit au plan local d’urbanisme comme un secteur à vocation d’activités industrielles. Il n’était donc pas opportun d’y envisager la réalisation d’opérations immobilières, que ce soit de bureaux ou de logements. Pour le moment, ce classement « protège » le site de potentielles spéculations foncières et immobilières.
Il est regrettable et inadmissible que l’État se précipite pour prendre ce décret alors que la Ville s’est prononcée contre. Cette décision pourrait même être perçue comme une invitation à la fermeture des Papeteries de la Seine.
Bien sûr, cette entreprise ne peut rester en l’état et nécessite des investissements pour sa modernisation, l’augmentation de sa productivité et, vraisemblablement, le resserrement de son emprise sur ce terrain de 17 hectares. Les syndicalistes concernés partagent cette orientation.
La Ville de Nanterre a la volonté de garder sa vocation industrielle à ce secteur de la ville. C’est tout le sens d’un travail de prospective réalisé en commun avec le Conseil régional afin de lui conserver, tant au plan urbain qu’au plan industriel, sa vocation actuelle et de développer des activités économiques autour de la filière papier. Celle-ci pourrait intégrer des activités de recherches et de développements des produits, de formation professionnelle, d’entreprises d’insertion et d’entreprises d’emballage utilisatrices des produits des Papeteries de la Seine…
Les Papeteries de la Seine recyclent annuellement 190 000 tonnes de déchets, dont 38 000 tonnes en provenance de l’Île-de-France. Le plan régional d’élimination des déchets (Pred) impose que 75 % des déchets soient traités en Île-de-France. Par ailleurs, la présence d’une turbine au sein de l’entreprise permet de produire de l’électricité pour EDF.
Cela correspond parfaitement aux préoccupations d’écologie et de développement durable de notre époque.
La ville de Nanterre et la région Île-de-France travaillent ensemble pour trouver des solutions et préserver cette activité de recyclage. Elle répond aux objectifs du Pred et elle s’inscrit dans une démarche de développement durable par l’énergie qu’elle produit et par sa présence à proximité des lieux de production et de consommation, en zone dense d’agglomération.
Il est regrettable que l’État et l’Établissement public Seine-Arche n’apportent pas leur concours à ce travail et pensent plus en termes d’opérations foncières et immobilières.
Comme à son habitude, l’État a pris un décret sans nouvelle concertation, sans tenir compte de l’évolution du dossier depuis deux ans.
Les habitants, les salariés et les élus ont tout lieu d’être préoccupés et de se mobiliser pour des initiatives audacieuses et utiles en matière de développement durable.
Déclaration de Patrick Jarry,
maire de Nanterre et conseiller général des Hauts-de-Seine.