Une fois encore, en plein cœur de l’été, l’État avance au pas de charge en prévoyant la dissolution de l’Epasa et en étendant son emprise sur le territoire de Nanterre. Cela devient une habitude de prendre, à cette date, ce genre de décisions qui engagent pour des décennies le devenir d’un grand territoire et de sa population mais aussi, bien plus largement, la métropole parisienne.
Déjà l’an passé, la décision de nommer un directeur unique pour l’Epad et l’Epasa était intervenue fin juillet, tout comme le - soi-disant - plan de renouveau de La Défense et la scission de l’Epad en deux établissements (Epad et Epgd – Etablissement public de gestion de La Défense) avaient été annoncés dans les mêmes conditions.
Le conseil municipal sera saisi à l’automne, comme les assemblées des collectivités territoriales concernées. Nanterre ne se laissera pas faire et réagira en formulant des propositions dans l’esprit de la résolution adoptée lors du Conseil municipal extraordinaire du samedi 23 mai 2009. Cependant il y a toutes les raisons de craindre que l’avis des collectivités locales ne compte pas et qu’aucune place ne soit laissée à la négociation.
À l’instar de Nicolas Sarkozy, qui ne dialogue qu’avec lui-même, comme il vient encore de le faire récemment au Cnit à propos de La Défense, l’État tente de régler de manière autoritaire un problème de gouvernance alors qu’il n’existe absolument aucun projet d’aménagement concerté avec les villes concernées de ce grand territoire de l’Ouest parisien, pas plus qu’avec les différentes instances de la métropole parisienne. En effet, un tel aménagement doit se réfléchir avec tous car cela implique du transport, du logement, des sites d’activités économiques, qu’ils soient commerciaux, industriels ou tertiaires, mais aussi le devenir des populations dans cette proche couronne parisienne…
Jusqu’à maintenant, Nanterre aménageait pourtant harmonieusement son territoire et a de nombreuses raisons d’être satisfaite du travail de l’Epasa.
Pourquoi dans ces conditions modifier le périmètre d’intervention (voir carte ci-jointe) qui engloberait 556 des 1220 hectares du territoire nanterrien contre les 320 hectares actuellement aménagés par l’établissement public ?
Consultez la carte avec le périmètre d'intervention.
Quel intérêt y a-t-il à intégrer dans cette « opération d’intérêt national » toutes les zones d’activités économiques de la ville alors que la plupart d’entre-elles sont déjà aménagées et vivent un développement dynamique ? Quant à la ZAC des Guilleraies la société d’économie mixte de Nanterre (Semna) est en charge de son évolution - avec des emplois industriels et tertiaires - dans le prolongement de Rueil 2000. D’ailleurs, en quoi est-ce une opération d’intérêt national ?
Ou alors le potentiel urbain et financier du territoire, tout comme la gestion saine de l’Epasa dont les comptes positifs seront siphonnés, intéressent ces « décideurs » pour renflouer le déficit prévisionnel abyssal de l’Epad.
Quoi qu’il en soit, notre engagement pour une métropole solidaire, notamment dans notre Ouest parisien, continuera d’être ce qui nous fait agir au quotidien, en associant toujours plus les Nanterriens pour travailler à l’émergence d’une ville où il continuera de faire bon vivre. C'est-à-dire une ville de la mixité économique, de la mixité d’emploi, de la mixité d’habitat, de la mixité en termes d’équipements culturels, sportifs, scolaires, de santé, d’accueil, de la mixité des origines. Ensemble nous continuerons pour que Nanterre soit une ville pour tous et où l’exclusion n’a pas sa place !