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Message du maire de Nanterre à l’occasion du premier Conseil d’administration de l’EPADESA, le 5 novembre 2010

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Chacun le sait, Nanterre n’a pas approuvé la création de ce nouvel établissement public qui relève d’une volonté de tenter d’imposer à Nanterre un développement dont elle ne veut pas, et de mettre la métropole parisienne devant le fait accompli d’un développement ségrégatif et déséquilibré. Je me félicite de ce que la mobilisation des habitants et des élus de tous bords, ici, autour de la Défense, mais aussi au niveau de toute la métropole parisienne ait amené le gouvernement à revoir sa copie.

Evidemment nous devons rester vigilants : le projet d’extension de la Défense peut sortir par la porte mais revenir par la fenêtre. Mais plus fondamentalement, la création de ce nouvel établissement public doit être l’occasion de tourner la page de l’EPAD.

Dans ce nouvel établissement public, on doit parler de l’humain, de qualité de vie, d’un développement durable qui ne soit pas ramené à sa seule dimension de maîtrise des consommations énergétiques ; on ne doit plus seulement parler de m2 à construire ou de charges foncières. Et c’est la première raison de ma candidature à la présidence de cet établissement.

Il faut qu’un air nouveau souffle à la Défense et dans tout le secteur de l’Ouest parisien.


Regardons d’abord le projet, la vision, l’avenir qu’on ne peut résumer à faire de la Défense un cluster financier.

Compte tenu de sa taille, la région parisienne, pour être plus solidaire et durable, doit être multipolaire. Mais ces pôles ne doivent pas être hyper spécialisés, monofonctionnels, mais au contraire des pôles de vie, riche de leur diversité humaine et fonctionnelle.

Alors que voulons-nous ici ? Continuer dans la fuite en avant, tenter de capter toujours plus de richesses au détriment des autres, au risque même d’asphyxier la Défense, de la rendre de plus en plus invivable, non seulement la dalle mais tout ce grand territoire ?

Nous sommes 370.000 à vivre ici, nous sommes 350.000 à travailler ici, nous sommes 50.000 à étudier ici.

Ou voulons-nous aller ? Va-t-on enfin admettre qu’on ne peut plus ajouter 500.000 m2 de bureaux, avec pour seul objectif l’addition de droits à construire, avec pour seule chimère, la concurrence entre les métropoles du monde?

Il faut clarifier la mission de ce nouvel établissement. Pour l’instant, il y en a deux :

  • continuer le projet Seine Arche, qui a bien avancé en si peu de temps (10 ans), le terminer en respectant l’âme de ce projet ainsi que le sens du compromis qui a prévalu entre l’Etat et la Ville de Nanterre.
  • Mener à bien le projet dit de « renouveau de la Défense » que nous n’avons pas approuvé mais que la loi a instauré. Cessons de jouer avec les chiffres, les « au moins » et les « au plus » : 450.000 m2 de bureaux, c’est considérable, ce sont 30.000 femmes et hommes supplémentaires qui, chaque jour, vont venir à la Défense et en partir.

Pour le reste, c'est-à-dire pour le devenir de ce grand territoire dans lequel le quartier d’affaires de la Défense joue évidemment un rôle de premier plan, rien n’est encore arrêté : les projets doivent résulter d’un partenariat, d’un accord, et donc forcément d’un compromis entre l’Etat, les communes, les autres collectivités territoriales et Paris Métropole.

Et le fait nouveau qui marque ce lieu, c’est que pour la première fois, 5 des 6 communes qui constituent ce pôle de l’Ouest, de l’entre-deux-Seine, ont décidé de s’unir au sein d’un syndicat d’étude et de projet, le SIEP. Le SIEP sera l’interlocuteur privilégié de l’Etat. C’est de ce dialogue, de cette négociation entre les différentes collectivités et l’Etat que sortira une feuille de route pour l’EPADESA.  L’EPADESA doit être un partenaire loyal pour ce travail qui est devant nous. Les représentants des ministères qui sont ici doivent veiller à ce que l’EPADESA n’anticipe pas sur les décisions à prendre.

Pour ce qui est des pratiques, là aussi il faut tourner la page de l’EPAD.
L’EPADESA doit être à la pointe de l’innovation. Elle doit permettre un aménagement plus participatif ; elle doit, comme l’a fait l’EPASA, associer étroitement aux décisions les habitants, salariés, étudiants du territoire dans une démarche de co-construction constante des projets.

Il faut tourner la page d’une gouvernance opaque. Le Conseil d’administration doit être le lieu où se débattent les grandes orientations de l’établissement ; il doit être un lieu de transparence et non pas celui d’un dialogue de sourd ou une simple chambre d’enregistrement.
Le Conseil d’administration doit être le lieu où l’on fait régulièrement le point sur l’avancement des dossiers pour ensuite décider des orientations. Le Directeur Général ne peut pas décider de manière unilatérale, tout comme il ne peut pas engager des dépenses au-delà d’un certain seuil sans l’accord du Conseil d’administration. Enfin, la gouvernance ne peut pas se résumer à deux réunions du Conseil d’administration par an.

Je pense que l’EPADESA a une vraie responsabilité à penser l’aménagement de ce territoire. Pour s’aider en ce sens, elle devra s’entourer d’un « conseil de prospective », réunissant des personnalités diverses, issues d’une diversité de milieux et à mêmes de penser la ville, un lieu de confrontation d’idées.

La deuxième raison qui m’amène à présenter ma candidature est qu’elle est légitime : sur les 564 ha du périmètre de l’EPADESA, 345 ha sont à Nanterre, soit 63% de la totalité du périmètre d’action de l’EPA. 

Enfin la troisième raison tient à la création du SIEP. Nous regrettons l’absence de Puteaux avec qui les discussions avaient pourtant bien commencé. Si Puteaux avait été partie prenante du SIEP, nous aurions pu prendre en compte la candidature de Joëlle Ceccaldi, maire de Puteaux à la présidence de l’EPADESA. Les quatre autres communes ayant accepté que Nanterre préside le SIEP, ma candidature à l’EPADESA est une invitation à ce que toutes les communes se retrouvent ensemble. Elle est un message fort sur le besoin de jouer collectif. Les communes ont tout intérêt à jouer collectif, sans quoi, ce sont les promoteurs et la technocratie d’Etat qui l’emporteront.

Ma candidature est aussi un avertissement à l’Etat et au gouvernement qu’il n’est pas possible de jouer double : d’un côté, j’affirme vouloir travailler avec les collectivités, de l’autre, je soutiens ceux qui, à ce jour, entendent la jouer perso.

Je vous remercie.

Le 05/11/2010
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