J’ai constaté, au delà de mes sentiments personnels, que cette information avait déclenché une émotion forte parmi les Nanterriens qui s’en sont fait l’écho en m’interpellant à de nombreuses reprises.
Cette émotion est également partagée, de façon unanime, par les élus de l’équipe municipale.
Ce projet est vécu comme une véritable provocation dans notre ville qui, au regard de son histoire et de son présent, a toujours manifesté une très grande capacité de solidarité et d’accueil, la diversité d’origines qui compose ses habitants en est une expression.
Vous n’êtes pas sans savoir que Nanterre est une terre d’immigration, c’est aussi la ville qui a vu pendant de très longues années, des milliers de ses habitants survivre dans des bidonvilles, travaillant par ailleurs à l’essor économique de notre pays.
Nanterre c’est la ville des conquêtes sociales comme celles des usines automobiles Simca et Citroën, Nanterre est portée par un rejet profond de l’exclusion et de la ségrégation sociale et raciste, aux antipodes de ce que représente le Front National avec ses projets.
Ce parti, pas tout à fait comme les autres composantes de l’échiquier politique de notre pays, ne dispose même d’aucun représentant élu dans la ville, illustration supplémentaire du rejet dont il est l’objet ici.
J’attire d’autant plus votre attention que cette installation, si elle devait voir le jour, pourrait constituer une source récurrente de troubles à l’ordre public dont nul ne peut préjuger des conséquences.
C’est donc avec une très grande détermination que je ferai, avec le soutien des élus et des habitants, tout ce qu' il est possible pour m’y opposer légalement et politiquement, je ne laisserai pas notre ville subir cette inacceptable provocation.
Je tenais tout particulièrement à ce que vous soyez informé de la volonté qui m’anime à l’égard de ce projet.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments distingués.
Patrick Jarry, Maire de Nanterre