Jean Louis Borloo, ministre d’Etat, envisage de nommer un directeur unique aux deux établissements publics d’aménagement de la Défense (EPAD) et de l’axe Seine Arche (EPASA) à Nanterre.
Une telle décision ne pourrait s’apprécier que comme une remise en cause unilatérale du protocole conclu entre la Ville et l’État le 9 mai 2000. Ce serait le signe d’une volonté de porter atteinte au rôle et à la place de l’EPASA qui risquerait ainsi d’être intégré, de fait, au sein d’un seul établissement public.
Cette initiative est d’autant plus surprenante qu’une mission prospective a été récemment engagée par l’Etat concernant le devenir de l’ensemble de la zone du quartier d’affaire de La Défense. Le 3 juin dernier, à l’assemblée nationale, le ministre répondait d’ailleurs à Jacqueline Fraysse, députée de Nanterre-Suresnes, que « l’avenir devait être envisagé à plus long terme et que les recommandations du rapport Lelarge feraient l’objet de la plus large concertation ». Celle-ci n’a pas eu lieu et, à notre connaissance, aucun fait nouveau n’est intervenu depuis lors.
L’établissement que je préside a pourtant montré une réelle efficacité depuis sa création le 19 décembre 2000. De surcroit, prendre une telle décision, sans aucun engagement précis, signifierait le retour à un passé dont Nanterre et ses habitants, dans leur diversité, ont beaucoup souffert. Les élus de Nanterre ne sauraient l’accepter.
Nanterre et Seine-Arche, la Défense, la région parisienne et tous ses territoires : chacun d’eux doit être porteur d’aménagements urbains tenant compte de leurs spécificités, pour une métropole plus solidaire et durable. La mise en perspective de ces questions de fond est, pour nous, incontournable avant toute décision sur un changement de gouvernance.
J’ai donc évidemment émis un avis défavorable à la nomination d’une unique direction pour les deux établissements et sollicite dès maintenant une entrevue avec Monsieur le ministre.
Patrick Jarry, maire de Nanterre,
président de l'EPA Seine Arche,
conseiller général des Hauts-de-Seine.