Et ce chiffre, déjà considérable, n’est même pas assuré puisque pour l’obtenir il faudrait que le plan de relance de La Défense annoncé le 25 juillet 2006 par Nicolas Sarkozy et Dominique Perben soit intégralement réalisé. Pour mémoire, celui-ci ambitionnait de construire 300 000 m2 SHON de nouvelles tours, grâce aux fonds dégagés par ces ventes de pouvoir rénover l’ensemble des infrastructures du quartier d’affaire, et enfin d’enclencher un processus de rénovation des tours les plus anciennes du secteur. Aujourd’hui nous avons la certitude que ces objectifs ne seront pas atteints.
Près de trois ans plus tard, malgré de nombreuses annonces très médiatisées, le plan de relance de La Défense est au point mort. Les constructions symboles du renouveau de La Défense, les tours Phare et Signal, ne sont toujours pas financées et leur livraison est reportée sine die.
Pire encore, si les revenus de l’EPAD se sont considérablement réduits, les dépenses auxquelles il aura à faire face sont importantes. La rénovation de la dalle, des tunnels routiers (70 millions d’euros), des escalators, leur mise en sécurité, devront être faites .
Malgré le transfert à l’établissement public de gestion de La Défense , elles pèseront tout de même sur le budget de l’EPAD puisque celui-ci s’est engagé à financer l’EPGD à hauteur de 120 millions d’euros.
On peut toujours considérer que la crise économique qui frappe toutes les économies de la planète est responsable de cette situation, mais il est évident qu’elle ne l’explique pas à elle seule. Le modèle de développement du quartier d’affaire, n’est –il pas devenu totalement obsolète ?
Obsolète aussi le modèle de tours de plus 300 mètres exclusivement basé sur la spéculation et aujourd’hui impossible à financer, la seule durée des chantiers compromet la rentabilité à tel point qu’il est envisagé de les ouvrir par bloc afin de permettre des rentrées financières plus rapides.
Le 30 juin prochain le président de la République sera présent à La Défense pour évoquer les liens entre le quartier d’affaires et le Grand Paris. Plutôt que de poursuivre la fuite en avant, la continuité d’un système qui creuse les déficits et qui a fait la preuve de son échec, la municipalité de Nanterre souhaite qu’il tire toutes les conséquences de la situation pour proposer un nouveau plan d’évolution de La Défense plus juste, plus harmonieux, et dans lequel les villes environnantes, leurs élus et leurs habitants sont parties prenantes.