« J’ai quitté ma Bretagne y’a longtemps y’a des années. Pour aller chercher la gagne à Paris, dans les beaux quartiers. J’y ai rencontré la bête et je l’ai apprivoisée mais elle n’était pas de celles qui aiment les vents salés ». Ces lignes, extraites de la chanson « comme un écho », présente sur le premier album de Luc Taff, « Ouvre-toi », résument le parcours du plus nanterrien des chanteurs brestois. Ce Breton né dans les années 1960 touche sa première guitare à l’adolescence. « J’avais 14 ou 15 ans et comme beaucoup de jeunes de cet âge, j’ai appris la guitare dans une maison de quartier » se souvient Luc. Puis, quelques arpèges plus tard, le premier groupe de Luc né : « Nitsilik », du nom d’un groupe inuit, vivant sur la côte arctique du Canada. « On jouait du rock inspiré de U2 ou de Cure… ». Assez rapidement les rythmes de rock anglo-saxon s’effacent au son du clairon et à l’ombre des drapeaux. Le jeune Luc effectue son service national, termine ses études (deug d’Anglais) et par la même occasion arrête la musique. Luc à alors 22 ans. Carrière musicale brève. Arrivée en grande banlieue parisienne, emploi de cadre commercial. « J’étais devenu un mec pas cool du genre pas sympa avec des cravates (trop) » écrit Luc, non sans humour (un peu noir cependant), sur son profil facebook. Aujourd’hui, finies les cravates et retour de la « cool attitude ». Et de la guitare. « J’ai retouché une guitare pour la première fois il y a 10 ans. Un copain en avait une chez lui, je lui ai demandé la permission d’en jouer et l’envie est revenue. Petit à petit je me suis également mis à écrire des chansons » Dictionnaires de rimes, requêtes « comment devenir parolier » sur google, et hop c’est parti ! Très vite le dico et le net s’avèrent inutiles et les textes pleuvent. Deux à trois par mois. « Dans mes textes je m’inspire d’épisodes de ma vie parfois douloureux mais aussi de notre société. Je suis un chanteur citoyen. Je défend la liberté d’expression et l’environnement ; Je m’élève contre les antidémocrates ». Quelques Nanterriens ont déjà eu le privilège de le voir sur scène à la maison Daniel-Féry ou lors de la fête de la Musique. Pour les autres, pas de panique. Le premier album, autoproduit, de Luc Taff est disponible à la Fnac du Cnit en coup de cœur et en écoute. L’occasion d’écouter et, pourquoi pas d’aimer, « des chansons avec des vrais mots et des vrais morceaux de guitare dedans ». Cyril Pacouret |