Avec Corbeau, Myriam Gourfink, la chorégraphe a fait le choix singulier de s’appuyer pour la première fois sur la virtuosité de la danse classique, tout en poursuivant sa recherche sur l’extrême lenteur. C’est Gwenaëlle Vauthier, danseuse du Ballet de l’Opéra national de Paris, qui interprète ce solo, sur une musique de Kasper T. Toeplitz, véritable sculpteur sonore. « Le paysage musical de Corbeau est un débordement d’ondes sonores, un univers plein, immense, gonflé à bloc pendant trente minutes, dans lequel la danseuse pourra ciseler ses lignes, sculpter l’espace », confie la chorégraphe. Nacera Belaza, danseuse et chorégraphe d’origine algérienne, accompagnée de sa sœur Dalila, poussent, un cri. Dans ce duo, les deux femmes dansent leur liberté. D’une position figée, les corps se laissent peu à peu traverser par une vibration. Les mouvements, au début, imperceptibles, s’amplifient, prennent vie et libèrent ce cri intérieur, entre les psalmodies de Larbi Bestam, la voix divine de Maria Callas et celle de la rockeuse Amy Winehouse. Une œuvre sans concession. Une expérience poignante.
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