Bernard Ringot
« On doit chercher un autre logement » Je vis dans un pavillon rue de Bezons depuis huit ans. Je paye 305 euros de loyer par mois et je dois partir d’ici 2014. Ca me révolte de devoir chercher un autre toit alors que je n’ai pas demandé à ce que l’usine ferme. Ici, j’ai vécu des années de bonheur, j’aimais mon métier de papetier mais maintenant j’ai peur de l’avenir. Pour ma reconversion, je dois suivre un stage pour devenir serrurier métallier. Changer de métier à quatre ans de la retraite, ce n’est pas normal ! A 56 ans, je n’ai plus de travail et bientôt plus de maison, je devrais partir de Nanterre. |
Corinne Clapier
« C’est difficile de se remettre dans le bain » Ici, c’était mon premier poste il y a 25 ans. Je m’y sentais bien, j’ai pu mener ma vie personnelle et professionnelle sans grosse difficulté. Ce qui m’a plu c’est l’ambiance familiale. Le plus dur aujourd’hui c’est de se remotiver après 18 mois de chômage technique. J’ai un peu perdu mes repères professionnels. Avec le congé de reclassement, j’ai sept mois pour trouver un nouvel emploi, les formations nous sont utiles, mais on ne sait pas trop ce qu’on va faire. |
Gilles Bavdek
« Le monde ouvrier va très mal » J’ai un beau parcours dans cette usine : j’ai commencé comme ouvrier, j’en sors en tant que cadre. Aujourd’hui je suis serein, même si je participe à la désindustrialisation du site, je donne tout jusqu’à la fin. La fermeture de Smurfit ce n’est pas de notre faute. On entre dans le milieu papetier par hasard, on y reste par ce qu’on attrape le virus ! Depuis 2008, les fermetures d’usines s’enchainent, le milieu industriel va très mal en France, pas seulement aux Papètes. |
Propos recueillis par Perrine Riaza-Wallet