L’incertitude. C’est le mot qui résume le mieux l’horizon des 102 personnes qui travaillaient aux Papètes. Epuisés par deux ans de doute, psychologiquement abîmés par des promesses de reprise d’activité, déroutés par un contexte économique et social difficile, les anciens de la Papète gardent la tête haute. Le plan de sauvegarde présenté par la direction de Smurfit Kappa est un premier pas vers l’après Papètes. Des congés de reclassement sont calculés selon l’âge des salariés au moment de la liquidation : 9 mois pour les moins de 50 ans, 12 pour les autres. Une cellule psychologique a été mise en place pour accueillir les employés, une antenne emploi pour les accompagner dans leurs recherches et des formations professionnelles pour les orienter. « Smurfit a mis les moyens pour la suite : 20 000 € sont consacrés à l’accompagnement individuel », annonce Manu Ribeiro, syndicaliste.
L’univers de la Papète s’éteint à Nanterre mais c’est un constat national. Depuis quelques années, six sociétés équivalentes ont fermé en France : il reste quatre entreprises qui recyclent le papier. Selon Mohamed Allal, délégué CFDT, « Ce sont les méfaits de la mondialisation : les balles de papier qui viennent de Gennevilliers partent en Chine et Smurfit devait se fournir en Allemagne, pour des coûts exorbitants ». Mais les salariés déplorent aussi le manque d’investissement de l’entreprise : « Le seul dont je me souvienne date de 2003, avec quelques pièces nécessaires au bon fonctionnement de la machine », ajoute Manu Ribeiro. Aujourd’hui, la grande famille des Papeteries de la Seine se disloque. Certains sont mutés en province, d’autres changent d’horizon professionnel, beaucoup se sentent perdus. Reste à suivre l’affaire des pavillons de la rue de Bezons. Ces logements appartiennent à l’entreprise et étaient loués à huit familles d’employés. Un protocole d’accord leur assure un toit, jusqu’en 2014. Et après ? |