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Fête des quartiers 2012
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  • La direction de la tranquillité publique et de la prévention, c'est 35 agents dont 28 médiateurs sociaux présents sur l'espace public et notamment devant 12 groupes scolaires.
  • A Nanterre, il y a 45 écoles : 24 maternelles et 21 élémentaires
  • 25 000 = fréquentations hebdomadaires des installations sportives dans plus de 50 disciplines
  • 70 manifestations sportives par an en dehors des 1 300 matchs de championnat
  • 3 centres municipaux de Santé
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Lettre ouverte à Jean-Louis Borloo au sujet du rapport Lelarge

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A la mi-septembre Patrick Jarry, maire de Nanterre, conseiller général des Hauts-de-Seine et président de l'EPASA à écrire à Jean-Louis Borloo la lettre ci-dessous.

Monsieur le Ministre d’État,
Le rapport du préfet Pascal Lelarge, intitulé « Mission de prospective sur le quartier d’affaire de l’Ouest Parisien », que vous m’avez transmis fin août, a retenu toute mon attention. Avec l’ensemble de l’équipe municipale je souhaite donc vous faire part des principales réflexions qu’il m’inspire. 

En 2005, le gouvernement a fait adopter, dans l’urgence, un plan de renouveau du  quartier d’affaires, sans vision équilibrée du développement de la Région Île-de-France, sans véritable projet urbain dans le secteur concerné et en négligeant totalement la question des transports.  Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur l’avenir de ce quartier, qui fête ses 50 ans. A l’évidence, ce n’est pas en ajoutant « des tours aux tours » à La Défense que l’on contribuera à corriger les forts déséquilibres existants dans notre région et que l’on favorisera le développement d’une métropole plus solidaire et durable. 

Avec la commande d’un rapport au directeur de l’aménagement de la préfecture de région, on pouvait penser qu’enfin allait s’ouvrir la concertation pour définir un projet d’avenir.

Ce n’est visiblement pas le cas. De surcroit, alors que nous n’en sommes qu’au stade de la remise de préconisations au Ministre de tutelle, vous décidez de nommer sans attendre un directeur unique aux deux établissements publics d’aménagement concernés. Curieuse conception que celle qui consiste à s’occuper de la gouvernance avant même d’avoir travaillé le projet.

Certes, et je dirais enfin, le rapport reconnait les nombreux points noirs de la politique conduite sur le quartier d’affaires tout au long de ces dernières années. Il parle ainsi d’un quartier qui doit « réellement remettre en cause son modèle d’urbanisme », d’un secteur qui « se dégrade progressivement, du fait de la saturation du RER A, des dysfonctionnements du pôle gare et des conséquences prévisibles du plan de relance ». À l’inverse, le Préfet souligne la qualité du travail conduit par l’établissement Seine-Arche à Nanterre, en soulignant combien « l’EPA Seine-Arche a su mettre en œuvre très efficacement et avec des exigences fortes en termes de qualité urbaine et de développement durable les orientations issues du protocole Ville-État ».

Mais si nous nous réjouissons que de tels constats soient enfin posés, nous ne pouvons que regretter les grandes limites de l’analyse et des préconisations effectuées. 

À aucun moment la zone de La Défense n’est pensée dans son rapport à la métropole.   

Ainsi, alors que les élus de la Région Île-de-France ont, après un débat à plusieurs milliers de voix, mis au point un schéma directeur d’aménagement  - le SDRIF - le rapport du préfet ne le cite même pas une seule fois. L’ambition proclamée est de construire « une dynamique de Seine à Seine », mais tout le raisonnement s’appuie sur les seuls périmètres des deux opérations d’intérêt national de La Défense et de Seine-Arche et contient de nombreuses « préconisations » pour le territoire de la commune de Nanterre. A contrario, les communes de Puteaux et Courbevoie sont à peine évoquées et il n’est jamais fait mention des communes de Rueil-Malmaison, de Suresnes, de La Garenne-Colombes et de Neuilly-sur-Seine. C’est pourtant à cette échelle que la question de l’équilibre habitat/emploi se pose, que l’absence de diversité des programmes de logements produit de la ségrégation urbaine,  que la cohérence des réseaux de transports en communs locaux s’imagine.

Un seul objectif est clairement affiché : créer un quartier métropolitain à vocation tertiaire au service des seuls grands groupes internationaux.

Le rapport part ainsi de l’affirmation - non démontrée - que les autres pôles structurants que le SDRIF a mis en évidence (et plus particulièrement les secteurs de Paris-Nord-Est, Plaine-Commune , Roissy, mais aussi Paris-Rive-gauche, Seine-Amont, Orly), n’auront pas la capacité dans les quinze ans qui viennent de relever les défis économiques auxquels la Région Île-de-France est confrontée. Il privilégie le pôle de La Défense comme lieu d’accueil des groupes internationaux, dans la perspective de concurrencer la City de Londres, qui connait aussi des difficultés, mais qui elle cherche à les résoudre dans un schéma directeur régional (Le London Plan).
Le rapport propose d’entériner le « plan de relance de La Défense » et de rajouter encore 700 000 m2 de bureaux, ce qui représente une augmentation d’un  tiers de la surface totale ! Tout cela alors que la nécessité de rénover de nombreuses tours ouvre la possibilité de réorienter vers le logement des dizaines de milliers de m2 qui viendraient combler un manque criant sur le quartier.
Pour le secteur des Groues-la Folie le rapport parle d’ « un nouveau quartier à vocation majoritairement tertiaire, situé sur le marché sélectif de La Défense ». Dans ce scénario, il n’est fait aucun cas des 6 000 emplois existant actuellement sur la zone puisqu’il propose « la mutation de la totalité du secteur des Groues ».
Dans le même ordre d’idée, des notions telles que l’inclusion sociale ou le développement durable ne sont évoquées qu’à la marge.

De cette logique purement économique résulte une absence de vision urbaine cohérente et globale pour tout le secteur.

Ainsi, les équipements structurants et de proximité sont à peine signalés (la réponse aux besoins des entreprises et des salariés étant limitée à une approche « clients »), le projet de « Cité des Musées », qui permettrait d’apporter de la culture, de conforter l’université Paris-X Nanterre, de donner du sens à ce territoire de la « Seine à la Seine » est remis en question. Il en découle une liste de m² de planchers bureau/logement pouvant être réalisés d’ici 2025 dans le quartier des Groues et sur le site des Papeteries de la Seine, trois fois supérieur au programme actuel de Seine-Arche. 
Les coupures urbaines existantes sont évoquées sans aucune précision (RD 914, pont de Rouen, échangeur A14-A86). L’asphyxie des transports en commun est enfin reconnue, mais en ce qui concerne le calendrier de réalisation et le plan de financement, le flou est total. L’arrivée du RER E (Eole) est affichée comme une priorité mais le rapport propose la livraison de nouveaux bureaux sur les Groues avant même sa mise en service. Pour nous, la réalisation des transports permettant le désenclavement du secteur reste pourtant un préalable.
Les complexités foncières sur les Groues, les incidences financières des projets, l’affirmation de la vocation tertiaire du site exigeant des arbitrages à l’échelle régionale, tout cela justifie t’il que l’État exerce un leadership sur l’ensemble de ce secteur alors même que le préfet de région remet en cause d’entrée de jeu l’implication financière de l’État dans les opérations ?

Il ne s’agit pas de produire de la ville pour tous mais de tenter une nouvelle fois de prolonger La Défense à Nanterre. Dans cette démarche, aucune place n’est véritablement accordée aux habitants et aux élus locaux concernés.

A l’évidence le rapport prône une sorte de reprise en main par l’État du devenir de la zone de La Défense en général et de l’ensemble de la commune de Nanterre en particulier.
En termes de gouvernance, la « solution la plus satisfaisante » proposée consisterait « à regrouper les deux établissements en les dotant d’un conseil d’administration unique, dans le respect de la parité avec l’État ». Cette remise en cause unilatérale du compromis ayant donné naissance à l’EPASA, conduirait à diminuer la représentation des élus de Nanterre au sein des instances décisionnelles.
De plus, l’implication financière de l’État dans les opérations est remise en question. Le territoire est sommé d’adopter « un développement […] qui devra contribuer plus largement à la prise en charge financière des infrastructures » (notamment la couverture de l’échangeur A14-A 86) et où les opérations de bureaux « devront participer au financement des adaptations du réseau et des pôles d’échanges » de transports en commun. Un raisonnement qui fait peu de cas des responsabilités de l‘État, tout au long de ces dernières décennies, quant aux choix d’aménagement opérés, aux coupures urbaines crées et aux engagements pris, tout particulièrement concernant l’A14-A 86.
Enfin, l’ensemble du document, du fait même de son orientation générale, limite la participation des habitants de la zone à un « marketing urbain », visant à améliorer l’information des usagers. Il n’est question que d’informer le public, point de lui donner les éléments du débat, de l’impliquer dans la construction d’un projet partagé et de le responsabiliser, comme un rassemblement de citoyens acteurs du projet d’évolution de leur territoire. Une conception à l’opposé d’une démocratie moderne. Cela d’autant plus que le « Projet de Ville » nanterrien et son développement, notamment en termes d’urbanisme, a récemment été largement légitimé par le suffrage universel.
Au vu de ces importantes remarques, vous comprendrez, monsieur le ministre, que la municipalité de Nanterre est en désaccord avec ces orientations.
Nous considérons qu’une autre vision doit prévaloir.
Le devenir du quartier d’affaire de La Défense ne peut s’envisager sans une prise en compte de la totalité de son aire d’influence, avec toutes les communes concernées. De la même façon, il ne saurait être pensé en dehors d’un véritable projet métropolitain. Et la précipitation avec laquelle est traité en particulier ce quartier présage bien mal du « débat » général aujourd’hui lancé. De même un véritable développement économique et social du secteur implique une toute autre articulation entre conditions du marché, offres de formation et d’emploi, transports, logements et bureaux, inclusion sociale… Pour aboutir, un tel développement, utile à toute la métropole, ne saurait s’envisager sans associer les habitants à sa construction.
Il y a donc nécessité à engager une vraie consultation citoyenne ainsi qu’une négociation sérieuse avec l’ensemble des partenaires locaux, départementaux, de la métropole parisienne et de la Région.
Nous restons, dans cet état d’esprit, disponibles pour travailler à un véritable projet urbain.
Croyez, monsieur le Ministre d’État, en nos salutations respectueuses et dévouées à l’intérêt général.

Patrick Jarry, maire de Nanterre,
conseiller général des Hauts-de-Seine,
président de l'Epasa.

Le 16/09/2008
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