C’est à Marc Vignau, adjoint au maire délégué à l’aménagement et à l’urbanisme, qu’est revenu le soin d’ouvrir la séance de délibération préalable au vote d’une résolution rejetant les propositions du rapport Lelarge. A une simple lecture, l’élu a préféré une présentation des points de discorde à l’origine de la rédaction de ce texte. « Nanterre et les Nanterriens ne peuvent pas laisser faire », a-t-il conclu.
« Mais, en réalité, que peut-on faire ? », s’est interrogé Frédéric Lefret (UMP-Nanterre en valeurs) et Jean-Baptiste Matray (Modem et apparentés), évoquant la représentation minoritaire de la ville au sein du conseil d’administration de l’Epasa. Pour Frédéric Lefret, en revanche, le développement de La Défense « dans une logique de co-développement où chacun doit être gagnant » est une chance pour la ville.
Transports
Au cours de la discussion, il fut largement question de transports en commun, dont l’amélioration est tenue comme préalable indispensable à tout projet de construction de bureaux ou de logements. Joseph Ridolfi (Communistes et d’initiative citoyenne), Catherine Mouret (MRC) et Julien Sage (Verts et apparentés) se sont exprimés en ce sens. A ce propos, Bruno Chanut (PS) a rappelé les lointaines échéances de la mise en service du RER E.
Logements/Bureaux
Pour André Cassou (MRC), le rapport Lelarge est « un réquisitoire feutré contre la politique d’aménagement et de logement de la ville ». Pierre Creuzet et Saliha Kadeifa (Modem et apparentés) ont regretté d’une même voix que les 60 000 m² « gelés » en vue de la création d’un centre national du patrimoine ne soient pas réservés à la construction de logements. Le projet de « cité des musées » fut également évoqué par Zahra Boudjemaï (Communistes et d’initiative citoyenne) qui s’est étonnée que la dimension culturelle ne soit pas plus présente dans le rapport Lelarge. Sur le chapitre du logement toujours, Marie-Claude Garel (Communistes et d’initiative citoyenne) a fait part de ses craintes de voir le déséquilibre bureau/habitat s’aggraver, tout comme l’offre de logements accessibles. Quant à Patrice Marchal (PS), il estime que « le préfet oublie la commune, ses élus, ses habitants, au nom de la tertiarisation du secteur des Groues, portée au rang de priorité absolue ».
Quel projet ?
« La question qui nous est posée ce soir est de savoir quelle ville et quel développement économique nous voulons pour notre territoire », souligne Sophie Donzel (PS) qui répond aux inquiétudes de l'UMP-Nanterre en valeurs et du Modem et apparentés quant à l’isolement économique de Nanterre et la pénurie de logements. Marie-Laure Meyer (PS) estime, pour sa part, qu’il faut « prendre le risque de discuter avec les communes voisines, quelque soit leur couleur politique, pour construire une ville qui ne soit pas une zone ». Pour Gérard Perreau-Bezouille (Communistes et d’initiative citoyenne), le rapport Lelarge, qui ne traite « l’espace urbain que par ses fonctionnalités », ne permettra pas à Nanterre de passer du statut de ville de périphérie à celui de ville de métropole.
Patrick Jarry a conclu la séance de délibération en s’engageant à tenir informer « de manière permanente » les Nanterriens de l’évolution du dossier et à « débattre des propositions complémentaires qu’il est nécessaire de formuler ».