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Fête des quartiers 2012
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Les Tours Aillaud

Créations d’Emile Aillaud

Les Tours AillaudArchitecte français (Mexico, 1902 - Paris, 1988)
Diplômé, à dix-neuf ans, de l'École des beaux-arts, Émile Aillaud commença par se faire un nom en devenant l'architecte-scénographe des fêtes officielles : il décora notamment le Panthéon pour l'enterrement de Raymond Poincaré, drapa la place Vendôme de velours à l'occasion du voyage des souverains anglais à Paris… C’est lui également qui eut, le premier, l'idée de disposer un grand drapeau tricolore sous l'Arc de triomphe. En 1937, il réalisa, en association avec Étienne Kohlmann, « le pavillon de l'Élégance » de l'Exposition internationale de Paris, parfaite illustration de l'« architecture totale », mise en honneur par le Bauhaus dans l'entre-deux-guerres.

Un univers de forme diversifiées…
En 1945, Émile Aillaud fut nommé architecte-urbaniste des Houillères de Lorraine. En cette période de reconstruction, il proposa une architecture épurée - inspirée de celle du Danois Jacobsen - aussi bien pour les bureaux que pour les centres d'extraction ou les usines du bassin de Merlebach. Pour loger les mineurs, il réalisa deux cités-jardins, dont celle de Creutzwald, qui demeure un exemple rare de composition naturaliste.
C'est avec des cités de logements HLM qu'Émile Aillaud connut la notoriété. Tournant le dos à l'orthogonalité des grands ensembles (il fut le premier à casser le « chemin de grue » cher aux entrepreneurs), il utilisa la préfabrication lourde par panneaux de façade en béton pour créer un univers de formes diversifiées, aux façades animées par des colorations et des fresques poétiques, le plus souvent dues à Fabio Rieti. Dans la ligne de la ville traditionnelle, il créa des « espaces-évènements », dont : « l'Abreuvoir », à Bobigny, les « Courtillières », à Pantin; le « Wiesberg », à Forbach, la « Grande-Borne », à Grigny, « la Noé », à Chanteloup-les-Vignes, et enfin, le « quartier Picasso », avec ces fameuses tours multicolores, dans le quartier du Parc, à Nanterre, connues sous le nom de « tours Aillaud ».

L’architecture et l’urbanisme comme poétique…
À la fin de sa vie, Émile Aillaud aurait souhaité construire un bâtiment public, ou des bureaux. Mais deux fois lauréat du concours de la Tête Défense grâce aux fameux immeubles-miroirs qui proposaient une élégante fermeture de la perspective historique de l'ouest de Paris, il vit son projet finalement abandonné; il en fut de même de ses propositions d'aménagement du quartier des Halles à Paris.
Revenant à ses premières activités, Émile Aillaud réalisa en 1980, pour Joseph Losey et l'Opéra de Paris, les décors et les costumes de Boris Godounov.
Aillaud n'adhéra jamais au mouvement moderne et il rejeta l'œuvre trop didactique de Le Corbusier (à l'exception de la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp); il n'était pas pour autant un passéiste cherchant ses références avec éclectisme dans l'histoire de l'architecture, comme le firent trop d'initiateurs du postmodernisme. Pour lui, le fonctionnalisme peut être « la jeunesse même », à condition de ne pas se limiter à l'élément quantitatif et d'intégrer la complexité de la vie affective.
Ses tentatives pour construire de véritables cités conformes à ces principes se heurtèrent à l'échec social des grands ensembles. Depuis l'après-guerre la situation économique et sociale s'étant énormément modifiée, l'échec de ces cités est surtout dû à l'insuffisance de leurs équipements et à l'excessive uniformité sociologique des habitants, trop souvent déshérités, qui sont attributaires des logements sociaux périurbains. On retiendra d'Émile Aillaud le discours précurseur qui a abouti à la prise de conscience que l'urbanisme et l'architecture constituent aussi une poétique.

Sources : Données encyclopédiques / Hachette Multimédia et Hachette Livres.

La fille de l’architecte…

Les animaux et végétaux de Florence Aillaud
Le saviez-vous ? En vous promenant au pied des tours Aillaud, vous pourriez être surpris par d’étonnantes rencontres et chemin faisant, croiser une poire géante, une tortue ou même encore un gigantesque serpent… Des sculptures, réalisées par Florence Aillaud, entre 1974 et 1978, et pour lesquelles elle usa de rondins d’acier, enrobés de grillage, puis de béton recouvert de mosaïques.


 

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