Les deux séminaires organisés par le réseau FAL-P avec des mouvements sociaux dans l’espace du FSM et les rencontres entre élus du réseau pour des métropoles solidaires ont été riches de discussions sur les thèmes des services publics, de l’accès aux droits, de l’axe stratégique à travailler pour « des métropoles solidaires » constitutives d’un autre monde possible et nécessaire. Les initiatives prises témoignent de la façon dont les Autorités locales de périphéries ont irrigué de leurs expériences, de leurs engagements, l’ensemble des débats du FAL /FALA.
La crise actuelle aiguise les contradictions. Elle est porteuse de dangers mais aussi d’opportunités dans les rapports local/global ainsi que dans le couple métropolisation/mondialisation, dans un monde où 50 % de la population est aujourd’hui urbaine.
La crise globale que nous connaissons va accentuer les inégalités sociales / territoriales déjà à l’oeuvre dans les métropoles avec comme conséquence l’accroissement des ségrégations urbaines, le renforcement des « murs », aussi bien réels que virtuels, qui marquent nos espaces urbains. Tout indique que les premières victimes de cette crise systémique seront les banlieues et quartiers populaires métropolitains. Ces derniers risquent de devenir la « variable d’ajustement » du néolibéralisme en crise dans les métropoles.
Face à ces logiques, les pouvoirs locaux des métropoles avec les mouvements sociaux (y compris dans le débat et la confrontation) peuvent construire des solidarités et dynamiques d’inclusion sociale contribuant aux alternatives et résistances nécessaires pour dessiner les territoires et métropoles susceptibles d’offrir à toutes et tous de nouveaux droits et opportunités d’avenir.
Cela nécessite de défendre et de développer des services publics accessibles à tous les citoyens dans leur vie quotidienne ; de faire vivre une décentralisation qui rapproche le pouvoir des citoyens en garantissant aux collectivités les moyens financier de leur développement (rééquilibrer les richesses) pour porter des politiques publiques ambitieuses ; d’accroitre la participation citoyenne et la démocratie participative en s’ouvrant également aux nouvelles formes d’engagements et de réseaux sociaux ; de penser le couple droit à la mobilité / droit à la centralité ; de développer un droit à la culture à partir des richesses de chacun ; de contribuer à une vie métropolitaine émancipatrice pour les femmes… Autant de thèmes et exigences abordés au long de nos journées de travail à Belém.
Agir dans ce sens participe de la construction d’une contre hégémonie au modèle néolibéral, modèle auquel nos territoires sont actuellement sommés de se soumettre.
Les expériences et l’inventivité sociale et démocratique déployées par les banlieues populaires pour construire du « vivre ensemble » dans leur processus d’urbanisation rapide, parfois désordonné et subi, constituent une richesse importante -à valoriser- pour répondre aux défis de métropoles solidaires, durables et démocratiques.
Dans une planète devenue « urbaine » et appelée à l’être davantage encore, s’appuyer sur ces acquis et en pousser la logique, s’est participer concrètement, depuis le local, à un « autre monde possible et nécessaire » pour nos citoyens et nos territoires.
Ces débats que nous portons avec le « Forum des Autorités Locales de Périphéries (FAL-P) pour des Métropoles solidaires » nous voulons les amplifier avec la préparation du 2e forum mondial de notre réseau, en mai 2010, dans la ville espagnole de GETAFE (métropole madrilène).
Son objectif : élaborer et adopter collectivement une Charte mondiale pour des Métropoles solidaires / Durables et Démocratiques, qui deviendrait une référence au sein du mouvement municipaliste mondial, notamment Cités & Gouvernements Locaux Unis (CGLU).