Ville de Nanterre

Recherche
 

Les débats

Les Assises pour la ville c’est une formidable occasion de donner son avis sur les changements qui traversent Nanterre. Pendant deux mois, de nombreuses questions ont été soulevées et débattues aussi bien lors de rencontres publiques que sur participez.nanterre.fr.

Partager sur

Retour sur les échanges

De cette concertation à grande échelle, des thèmes récurrents sont ressortis. Bien sûr, les avis divergent, mais c’est justement ce qui a fait le sens et la richesse des débats. Petit aperçu des contributions.

L’aménagement : des changements urbains appréciés mais qui interpellent

AménagementVoir l'image en grand« Nanterre est de plus en plus moderne avec ses nouvelles constructions », estime un habitant du quartier Université. Un autre trouve qu’« elle est plus jolie, plus classe. » « La ville change en bien, ce n’est pas l’image que j’en avais », ajoute un nouvel habitant. Globalement, les appréciations sur les nouveaux aménagements sont positives. L’arrivée prochaine de l’Arena et du tramway ou encore la livraison de la nouvelle gare Nanterre-Université sont plutôt bien perçues.
Toutefois, de nombreux contributeurs pointent les nuisances liées aux travaux : « Quand le quartier se transforme, c’est d’abord très chaotique, bruyant, bouleversant et douloureux », peut-on lire sur participez.nanterre.fr. Jean-Luc V. (Université) se plaint par exemple des difficultés de circulation et de la désorganisation du stationnement. Les nouveaux aménagements font aussi naître quelques craintes. « Attention à une densification trop importante ! » Une habitante du quartier Université confie qu’elle a « peur d’être compressée à long terme. Trop de béton, pas assez de nature. » Une dernière inquiétude ressort des discussions, exprimée par cette habitante de Berthelot : « Le changement concerne des quartiers plus que d’autres. La réhabilitation du centre, c’est super. Mais à Berthelot, rien ne bouge. »

Nanterre est engagée dans plusieurs opérations d’aménagement d’envergure. À terme, c’est l’ensemble des quartiers qui en bénéficieront. Sur cette photo, le nouveau visage du quartier Université.

L’espace public : plus de lieux de rencontre

Espace publicVoir l'image en grandLes Nanterriens aimeraient voir davantage de lieux de vie dans la ville. Les discussions au centre social Hissez-Haut ont par exemple fait ressortir le besoin de « créer des lieux de rencontre du type ‘places de village’ qui favoriseraient la mixité pour tout le monde et tous les âges. » Un habitant du centre ancien propose de rendre la rue Maurice-Thorez piétonne : « Cela aurait aussi le mérite d’éviter les engorgements de circulation et les stationnements anarchiques », explique-t-il. Car, aux yeux de beaucoup, la place accordée aux voitures est jugée trop grande. Les contributeurs souhaitent développer les modes de transport alternatifs en installant des stations Velib’, en aménageant des voies de bus et en élargissant les trottoirs pour protéger les piétons. Un collectif de riverains de la place de La Boule estime que « La Boule n’est pas un vrai quartier pour les gens. C’est un lieu pour les voitures, ça ne ressemble à rien. On sent que ça bouge, il faut très vite tout transformer, y installer un parc, des bancs pour se rencontrer et pour les enfants. » Jean-Luc V. souligne : « Tous les projets de transformation des espaces publics doivent associer les habitants. »

Nombreux sont les Nanterriens à demander davantage de lieux de vie, un peu à l’image de la place Gabriel-Péri (notre photo). Dans la continuité de la piétonisation du centre ancien, de nouvelles initiatives doivent être pensées pour favoriser les rencontres.

Les valeurs de Nanterre : une identité solidaire à préserver

Les valeurs de NanterreVoir l'image en grandTout au long des assises, les habitants ont exprimé leur attachement à Nanterre, à son histoire, à ses valeurs. « La diversité à Nanterre, c’est ce qui fait sa richesse », affirme un parent d’élève de l’école Balzac. « Tout le monde se sent bien accueilli à Nanterre, c’est une vraie réussite de mixité sociale et culturelle. » Lors d’une réunion d’appartement au Petit-Nanterre, les participants ajoutent : « La solidarité est un des marqueurs forts de la ville, et elle doit le rester. » « Nanterre est en pleine mutation, mais elle essaie de garder ses valeurs de ville populaire », entend-on dans le quartier du Parc. Dans les échanges, le terme de convivialité est souvent employé. À l’image de Nadine V. (Université) qui explique : « Nanterre est comme un village. Lorsqu’on va à l’Agora, à la mairie, au marché ou au théâtre, on rencontre toujours quelqu’un que l’on connaît. » Un habitant du Petit-Nanterre voit son quartier « comme une grande famille où l’entraide est constante. » Soucieux de préserver l’identité de Nanterre, certains redoutent les changements institutionnels. Un habitant résume : « On a peur que le Grand Paris dévore Nanterre, que la ville perde sa singularité. »

La convivialité et la mixité de Nanterre ont été saluées pendant les Assises. Fort de cet attachement, les actions de solidarité restent la priorité du Nanterre de demain. Sur cette photo, une fête de quartier.

Les commerces : des lieux de vie et de proximité

Les commercesVoir l'image en grandDévelopper le petit commerce est une demande régulièrement avancée pour améliorer la qualité de vie et créer des lieux de rencontre. Certains habitants regrettent le manque de cafés et de restaurants ouverts le soir et le week-end, d’autres entendent diversifier l’offre commerciale. Un habitant des Terrasses se dit « perplexe » face à la nature des commerces : « Sont-ils destinés à une clientèle de bureaux ou aussi aux résidents ? » Le déséquilibre commercial est pointé par les habitants du Parc : « Il y a des quartiers où il y a beaucoup de commerces comme dans le centre, mais parfois ça manque dans les autres quartiers. » Une habitante des Champs-Pierreux confie qu’elle « attend avec impatience le nouveau centre commercial des Fontenelles. » Pour développer le commerce, Isabelle D. (Mont-Valérien) fait deux propositions : « Tester une monnaie locale et mettre en place une carte avantage qui permettrait d’accumuler des points à chaque achat. »

Pour les Nanterriens, les 750 commerces améliorent la qualité de vie.

Le logement : construire ou pas ?

Le logementVoir l'image en grandLe logement a été un point fortement discuté durant les Assises. Le sujet oppose ceux qui préconisent l’arrêt des constructions – « Nanterre construit trop de logements, ils veulent passer la barre des 100 000 habitants, c’est flagrant ! » – et ceux qui, au contraire, considèrent qu’il faut répondre aux besoins. Concernant les logements sociaux, les avis divergent également. « La part des logements sociaux est trop importante », poste Yacin B. (Petit-
Nanterre) sur la plate-forme participez.nanterre.fr. Un habitant du quartier Fernand-Léger ajoute : « L’attribution de logements uniquement à une population dans certains quartiers constitue un réel problème. La ghettoïsation contribue au mal vivre ensemble. »
À la sortie de la gare Nanterre-Université, une habitante confie son « inquiétude sur le fait que les nouveaux logements ne bénéficient pas aux personnes les plus en difficulté. » Un contributeur acquiesce : « Les loyers sont plus chers et moins accessibles aux Nanterriens. » Dans le quartier du Centre, les participants portent un autre regard : « Si on ne construit plus de logements sociaux, on interdit à toute une partie de la population de vivre dans les quartiers neufs », a-t-on pu entendre dans une réunion d’appartement.

À Nanterre, près de 1 000 logements sortent de terre chaque année, dont 40 % de logements sociaux. Un moyen de renforcer la mixité sociale.

L’emploi : les emplois de Nanterre, pour les nanterriens

EmploiVoir l'image en grandL’emploi, priorité absolue. Ainsi, les contributeurs ont insisté pour que les demandeurs d’emploi soient accompagnés dans leurs recherches de travail ou de formations qualifiantes. Des jeunes diplômés réunis par l’association NQT aimeraient voir ouvrir « un lieu collectif où pourraient se retrouver les demandeurs d’emploi. » Selon eux, il faudrait « mettre en place une communauté d’entraide réunissant les jeunes sans emploi. » Cette idée rejoint les paroles d’Édouard S., prononcées lors d’une réunion d’appartement au Petit-Nanterre. « Je connais des entreprises en informatique qui embauchent, il faudrait créer une plate-forme Internet pour faire circuler l’information, pour orienter les personnes en recherche. » Lors de cette discussion, un jeune auto-entrepreneur rebondit en proposant la création d’un autre réseau « rassemblant des entreprises nanterriennes de toutes tailles qui permettrait à certaines de répondre aux besoins des autres. » L’idée étant de favoriser l’activité économique à l’intérieur de la ville. Au centre social P’arc en ciel, les habitants craignent que les opportunités d’emploi sur le territoire échappent aux Nanterriens. « On a promis des emplois aux Nanterriens à l’Arena, j’ai peur que ça soit des jeunes d’autres villes qui les prennent. » Toujours dans le quartier du Parc, des habitants souhaitent que des emplois soient créés pour assurer la sécurité et la médiation. « Par exemple, embauchez les gilets jaunes ! »

Tous les ans, la ville, en partenariat avec la Maison de l’emploi et de la formation, organise le forum Destination emploi jeunesse dont la vocation est d’aider les moins de 25 ans à trouver un travail. Il faut aller plus loin en mettant en relation les emplois existants à Nanterre avec les demandeurs.

L’environnement : rester à la pointe de la transition écologique

EnvironnementVoir l'image en grand« Trop de béton, pas assez d’espaces verts », une formule souvent reprise. Ainsi, ils sont nombreux à réclamer des actions en faveur de l’environnement. La place de la voiture, jugée omniprésente, est très souvent critiquée en termes de flux et de stationnement. Par exemple, Yann B. déclare : « Nanterre est une ville asphyxiée par les voitures. Je ne parle pas de tous les passages, mais simplement des incivilités des automobilistes qui se garent n’importe où, n’importe quand. »
Daniel P. (Centre) s’interroge : « Et si Nanterre devenait une véritable ville verte, à même de répondre aux défis écologiques contemporains ? » Une ville qui serait « exemplaire dans la réduction des déchets », poursuit Véronique C. (Université). Pour accélérer la transition écologique, les propositions fusent : consommer moins, développer l’agriculture urbaine, créer des jardins partagés, ouvrir des squares, végétaliser les toits et les façades…

Nanterre compte 95 hectares d’espaces verts. Chaque Nanterrien dispose ainsi d’une dizaine de mètres carrés de nature.

La jeunesse : au coeur du changement

La jeunesseVoir l'image en grandLe thème des jeunes a aussi suscité des commentaires. À la fois pour souligner leur potentiel – « Il faut capitaliser sur la jeunesse et mettre en avant les jeunes qui réussissent », comme l’affirme un habitant du Chemin-de-l’Île –, mais aussi pour déplorer leur sort : « Les jeunes sont laissés de côté » ; « Il faut faire quelque chose pour les jeunes, on a l’impression qu’ils s’ennuient », entend-on au Petit-Nanterre. Les uns suggèrent de les intéresser à la culture, les autres misent sur les pratiques sportives et sur l’éducation. Les habitants imaginent que l’on pourrait aussi ouvrir des lieux attractifs, comme « un bar lounge dans le centre » ou des locaux dans lesquels les jeunes pourraient se réunir pour éviter les nuisances au pied des immeubles.
Quant aux seniors qui déjeunent à la salle des Muguets, ils aimeraient partager des moments avec les jeunes à l’occasion d’activités intergénérationnelles. « Des rencontres pourraient également être organisées entre les jeunes des quartiers et les étudiants », imagine un habitant du quartier Université. Plusieurs locataires du quartier du Parc estiment que les adultes doivent renouer le contact avec les jeunes. « Il faut rétablir le dialogue et promouvoir les talents et les compétences. »

Tous les ans, la Semaine de Ouf permet aux jeunes nanterriens de faire la démonstration de leurs talents.

La sécurité : poursuivre les actions pour la sécurité

La sécuritéVoir l'image en grandLa sécurité est une préoccupation légitime des habitants. « Les actes d’incivilité polluent les évolutions positives de Nanterre », analyse un habitant du Petit-Nanterre. Mathieu, nouvellement installé aux Terrasses, reconnaît que « l’image de Nanterre est négative, car elle se résume à celle de quartiers où règne l’insécurité. » Mais pour les participants, ce thème recouvre des significations multiples. Certains font référence au trafic de drogue, d’autres évoquent l’insécurité routière : « J’ai peur d’envoyer mes enfants acheter une baguette, des jeunes sur des motos font des allers-retours à toute vitesse. » Les véhicules incendiés ou ventouses, les vols à l’arraché, les marques d’irrespect sont également pointés du doigt. Les habitants souhaitent donc que la sécurité soit renforcée. Comment ? « Il faudrait des caméras », propose un contributeur. Mais beaucoup pensent aussi que la sécurité va de pair avec la discussion. « Il faut de la médiation, des éducateurs dans les rues. »

Les médiateurs de nuit dans le quartier du Parc sud.